Période que l'on pourrait intituler
Gorillaz...
Besoin d'etre marginale.
Besoin d'être dépressive.
Ne m'en voulez pas les gens.
J'écris d'abbord pour moi.
Mon âme n'est pas morte.
Un sifflement bourdonne à mes oreilles. Un frisson. Celui qui précède les spasmes. Et tout se brouille. Pas maintenant ! Par pitié. Un flash. Des cris. Des chaines. Des supplications. Un rire...
Elipse
Je reviens. Ca n'a duré que quelques secondes. Je me rapelle à peine. Et pourtant je suis en pleurs. C'est comme si mon corps s'était contracté entièrement d'un coup. Et je tremble. Bon dieu je tremble. Seul moyen d'évacuer. Mon coeur s'est emballé et je n'arrive simplement pas à le calmer. Je transpire. Des sueurs froides me traversent le dos. Le monde tourne autour de moi. J'ai encore fait une crise. Ca m'arrive plus que souvent depuis... Depuis ça. Ce sinistre rire résonne encore dans mon esprit. Et putain je pleure de plus belle. Mon histoire. Elle ressemble à un film d'horreur certainement. Ca bourdonne dans ma tête. Oui. C'est le mot. Il n'y en a pas d'autre. Et c'est tout le temps comme ça. Depuis un mois maintenant. Je suis encore en vie. Et c'est la pire chose qui ai jamais pu m'arriver.
C'est seulement à cet instant que je réalise que je ne suis pas seule. Non. Pas seule. Deux sortes d'amandes couleur chocolats m'observent.
-Ca va ?
-Dégage.
-J'habite ici.
-Alors c'est moi qui pars.
-Non, tu sors pas.
-Tu m'en empêcheras pas. Je prend mon baladeur. Claque la porte. Gorillaz... Seule musique qui me comprend partiellement. Ca n'hurle pas et pourtant ca traduit tellement. Je suis enfin dans mon monde. Ca me permet de réfléchir.
En voilà où j'en suis résumée avec les seuls gens que j'aime au monde. De vulgaires altercations. Dans la pièce ? Tom. Un ami. Je l'aimais beaucoup. Avant. Maintenant je ne me sens plus capable d'aime personne. Depuis une semaine, il est revenu. Ils sont revenus. Mes meilleurs amis. Je ne sais pas combien de choses ils ont annulés tous les quatre pour s'occuper de moi. Et je suis bien ingrate. Je me sens vide. Pas capable du moindre effort pour les gens que j'aime. Ou que j'aimais. C'est confus. Ceux qui ont tout surmonté avec moi. Qui m'ont soutenus toute ma vie. Dans toutes mes épreuves. Et dieux sait que des épreuves, j'en ai traversé. Mais celle là. Celle là. Elle est simplement trop grande. Au dessus de mes forces.
Les gens n'en attendent pas plus de moi d'ailleurs. La plupart voudraient m'envoyer en hopital psychiatrique. Sans doute pour le restant de mes jours. C'est vrai. Qui revivrait après ça ? En vérité, la seule chose qui les en empêche, c'est mes quatre anges gardiens. Mais ils ne seront pas toujours là. Ils ne pourront pas. Pas me supporter.
Je marche dans la rue. Il fait nuit. Les voitures passent m'éclairant de la lueur blafarde de leurs fares. Elles ont quelque chose de rassurant. Il peut bien revenir de la mort. Lui. Il ne pourra pas m'approcher. Et, comme une réalisation, je me demande combien y en a t il sur terre. Des comme lui. Rien que cette pensée, c'est un coup à me refaire une crise. Il faut que je me calme. Que mon coeur s'apaise. J'ai le souffle court.
Et pourtant, malgré tout ce que je ne suis plus, malgré le fait que tout ce qu'il aimait en moi ait disparut, Tom me rattrape. Il marche à coté de moi, en silence. Je le laisse faire.
-Faut que t'arrête d'écouter cette merde. Ca te déprime.
-Ca m'aide à réfléchir.
-Ca t'aidera pas a guérir.
-Je guérirais pas, Tom. Il va falloir que tu t'y fasses.
Il se stoppa net. Il prit mon bras et m'entraina en face de lui, à quelques centimètres de son torse. Pour que chaque mot soit plus intime sans doute. Il se mit à murmurer. Si bas que presque innaudible.
-Alison. Je sais ce que tu as vécu. Je ne peux sans doute même pas m'imaginer ce qui s'est réellement passé là bas. Mais je sais que ca dépasse tout ce que j'ai bien pu entendre. Alors, oui. Peut être ton innocence est partie. Peu être il te faudra du temps avant de revivre. Mais cette boule de lumière qu'est ton âme. Elle est toujours là. Bien étouffée par tout ce que tu as vécu. Mais là. Alors ne fais pas comme si tu étais morte. Tu es en vie ! Ecoute moi ! Tu es en vie. Ca prendra le temps qu'il faudra pour que tu t'en rendes compte mais tu revivra ; Alison. Et on est là pour s'assurer que tu ne fous pas cette chance en l'air.
-Non. Tu as raison. Tu n'as pas idée de ce qui s'est passé là bas. Même mon esprit ne peut pas l'assumer. Je ne me rapelle presque de rien. Et pourtant c'est là. Je le sent. C'est ancré en moi. Mon âme ? Oui, elle est là. Mais cette goutte de lumière elle est tellement minuscule dans cet océan d'ombre. On ne la retrouvera jamais. Ma vie est foutue. On aurait dû le savoir depuis le début. Depuis que mon père s'est suicidé et que ma mère a crevé. Depuis que mon frère s'est pris une balle et que la seule dernière personne qui me soit resté m'ait abandonné. Puis depuis que votre carrière à décollée. Je ne crois pas aux malédictions. Non. Par contre je crois que ma vie est pourrie et que ca, c'est ce qui l'a achevée. Le coup suprême ; comme on dirait. Regarde moi. Je suis une loque, l'ombre de moi même. Marquée au fer de ma souffrance. Même mon esprit ne tient pas le coup, je deviens dingue peu à peu, Tom. Il faut se détacher de moi, je te ferais souffrir pour rien.
J'avais prononcé ces mots presques sans etat d'esprit. Une pointe de rage peut être. Et lui était choqué. Qui ne le serait pas ?
-Ne dis pas ça... Tu verras.
-Sois réaliste Tom ! Alison est partie. Morte. Morte quand on lui a pris sa famille. Morte quand ses amis l'ont abandonné. Et enfin morte quand elle a été enlevée par un psychopathe et retenue pendant deux mois.
-Ne dis pas ça... Les larmes brillaient dans ses yeux. Tu es en vie. Que tu le veuilles ou non. Et cette épreuve comme toutes les autres, tu devras la surmonter. Et ne nous blâmes pas, je t'en prie. tu sais ce qu'il en est.
Je m'approchais encore un peu de lui. Incapable de franchir le dernier pas. Il m'avait sans doute aimé. Quand j'étais Alison. Sans doute. Et avec ce souvenir, il me serra dans ses bras. Tom...
